Politique d’acquisition our une collectiond e bandes-dessinées dans un lycée

-Lors de mes premières observations du CDI et plus particulièrement de son fonds, j’ai très vite constaté que la BD n’avait que peu de place. Situé en bout de rayon, le fonds est constitué d’une soixantaine de bandes dessinées dont la qualité est très inégale et la vétusté avérée. Après en avoir parlé à ma conseillère pédagogique, elle m’a confié qu’à son arrivée, il y a trois ans, le fonds était très faible et qu’elle-même, ne s’était pas penchée particulièrement sur la question. Elle m’a donc proposé, si je le souhaitais, de mettre en place une liste d’acquisition qui me paraîtrait pertinente.

Considérant, notamment par ma propre expérience, que la bande dessinée est un art à part entière, un élément de culture générale et un vecteur de connaissance dans de multiples domaines, je me suis interrogé sur la constitution de ce type de fonds.

Toute politique d’acquisition fait appel à des acteurs dans la conception et la réalisation de cette politique d’acquisition.

L’enseignant-documentaliste en tant que maître d’œuvre de la politique d’acquisition du CDI et responsable du fonds documentaire est le premier concerné. Néanmoins, il s’appuie sur l’ensemble de l’équipe pédagogique afin d’identifier des besoins. Les élèves également sont concernés. Ils peuvent donner des suggestions aux enseignants-documentalistes qui doivent répondre à leur besoin en prenant en compte les besoins spécifiques du fonds documentaires.

Mais les élèves de l’établissement scolaire constituent avant tout le public ciblé par cette politique d’acquisition.

Il peut être difficile de mesurer leur attente en raison notamment de l’absence d’emprunts de bande-dessinée dans le fonds déjà disponible. En effet, afin d’identifier un public potentiel pour cette liste d’acquisition, j’ai consulté la liste des emprunts faits pour une partie des bandes dessinées disponibles. Or les emprunts sont très rares. Parmi eux, un grand nombre sont effectués par les professeurs ce qui m’a rappelé qu’ils sont également un public susceptible de consulter ce type de documents notamment en tant qu’outil d’apprentissage ou objet d’apprentissage.

 

Identification de ressources et d’axes pour cette politique d’acquisition

 

-Afin d’étoffer le fonds de bande-dessinée du CDI, j’ai tenté de mettre en place une liste d’acquisition.

-A partir de mes recherches sur l’intérêt de la bande-dessinée dans un CDI, j’ai identifié trois axes majeures sur lesquels je peux m’appuyer pour proposer une offre qui correspond aux diverses besoin pour ce type de document dans un cadre scolaire :

-une fiction destinée à la « lecture plaisir » : sa lecture serait donc associée à un moment de détente sans vocation pédagogique

-la lecture de bande-dessinée et la connaissance dans ce domaine est un élément constitutif d’une culture générale : la bande-dessinée est alors considérée comme un genre artistique à part entière au même titre que le roman, le théâtre, la peinture ou le cinéma. Elle a donc ses grandes œuvres et ses grands auteurs.

-On peut lui trouver également un intérêt pédagogique du fait qu’elle aborde des points que l’on retrouve dans les programmes de certaines disciplines. Elle devient alors un outil pédagogique servant à illustrer un point particulier du programme.

-Il propose par exemple aux professeurs d’arts plastiques d’utiliser ce support pour l’étude des procédés iconographiques de représentation du temps. De nombreux CRDP proposent des exemples de séances pédagogiques illustrant le rôle d’outil pédagogique de la bande-dessinée.

-Après avoir pris en considération les différents intérêts que revêt la présence de la bande dessinée dans un CDI, il s’agit de s’interroger sur les outils, notamment de veille, mis à disposition des enseignants-documentalistes pour effectuer une politique d’acquisition (en lien, sitographie).

Plusieurs sites web sont des bases de données référençant un ensemble de bande dessinée ayant un intérêt éducatif et/ou pédagogique. Ils disposent de fiches de commentaires classées par séries, collections, auteurs ou éditeurs. Parmi eux, le plus connu est L@BD, site du CRDP de Poitiers dans lequel tous les albums ayant un intérêt pédagogique sont commentés, notés et classés par tranches d’âge.

Il fait véritablement figure de référence notamment pour valider certains choix d’acquisition. D’autres sites de ce type sont plus spécialisés et peuvent être très utiles notamment dans le domaine littéraire. Ainsi, le CRDP d’Aix-Marseille a réalisé un site consacré au référencement de toutes les œuvres littéraires adaptées en bandes dessinées. Il est organisé en bibliographie thématique (polar, poésie, biographie…).

Un certain nombre de sites sont consacrés à des thèmes portant sur la bande dessinée. Comme nous l’avons rapidement évoqué, ils proposent des activités et des circuits d’exploration destinés aux milieux scolaires. Ainsi, les ateliers pédagogiques de la BNF proposent une exposition virtuelle portant sur les maîtres de la BD européenne avec notamment une rubrique consacrée aux pistes pédagogiques comprenant de la documentation, des détails des séances pédagogiques, et des supports d’images.

Le CRDP d’Amiens, à l’occasion d’une exposition organisée dans ses locaux, a mis en place une exposition sur son site consacrée à l’autobiographie et la bande dessinée. Celle-ci est munie d’une séquence pédagogique destinée aux classes de lycée. L’ensemble de ses sites répertoriés sont essentiels dans la mesure où ils permettent d’avoir l’avis de professionnels mais aussi d’offrir des outils afin de resituer certaines bandes dessinées dans un contexte disciplinaire.

 

Un public acteur de la politique d’acquisition

 

-Après un cours sur les pratiques professionnelles dans lequel avait été abordée la mise en place d’un « club manga » au sein d’un collège, j’ai proposé à ma conseillère pédagogique de mettre en place un « club BD » afin de faire participer les élèves à l’enrichissement du fonds de bande dessinée. Cette initiative a pour intérêt principal d’identifier un public intéressé et surtout de créer une dynamique autour du fonds de bande dessinée permettant d’en faire une part non-négligeable dans la collection du CDI.

Néanmoins, cette initiative pose plusieurs questions quant à ses modalités de mise en place. En effet, il s’agit de rassembler des élèves intéressés et de leur permettre de partager leur gout, de faire découvrir et de découvrir des bandes dessinées. Cette situation pose la question de communiquer sur le projet afin qu’un maximum d’élève soit au courant de ce projet. Il faut également trouver un lieu à l’intérieur du CDI qui soit propice à ce type d’activité. De plus, il est nécessaire de bénéficier d’un créneau horaire au cours duquel un maximum d’élève peut être présent.

La question du lieu est résolue par la possibilité de bénéficier d’une salle destinée à l’histoire des arts ayant une capacité de trente personnes ou d’une des petites salles de travail pouvant accueillir six personnes, une estimation beaucoup plus probable. Enfin la question du créneau horaire est résolu par le fait que tous les mardis, de 14h à 15h, une heure de vie commune est aménagée dans l’emploi du temps des élèves. Il s’agit alors de leur proposer de venir, en l’occurrence une fois par mois ou tous les quinze jours si nécessaire, afin qu’ils présentent des bandes dessinées, comics ou mangas aux autres élèves. De plus, je proposerai de mon côté des nouveautés, susceptibles de leur plaire, ayant un intérêt pédagogique, esthétique, narratif et historique. De cet échange doit ressortir une sélection hebdomadaire de 5-6 bandes dessinées destinées à enrichir le fonds du CDI.

 

Le développement d’un partenariat

 

-Afin de proposer aux élèves un choix large de bandes-dessinées aux élèves, j’ai décidé de développer un partenariat avec une libraire spécialisée dans la bande-dessinée.

Je lui ai expliqué le projet et je lui ai demandé s’il était possible d’emprunter un certain nombre de bandes-dessinées tous les quinze jours afin de les lire pour ensuite les proposer aux élèves. En contre-partie, les achats du CDI se feront dans sa librairie.

Cet accord m’a permis d’avoir accès à un large choix de nouveautés, de les consulter et de les présenter aux élèves venant au club. De plus, j’ai pu être conseillé et guidé dans mes sélections. Par exemple, pour une réunion du club BD, j’ai décidé de donner une thématique « adaptation littéraire ». Il m’a alors proposé toutes les bandes-dessinées destinées à ce thème.

 

Une communication autour du projet

 

-Afin de faire connaître le club dans l’établissement scolaire, j’ai du mettre en place une stratégie de communication au sein du lycée.

J’ai décidé de créer une affiche à partir du logiciel GIMP, logiciel dont j’ignorais le fonctionnement. Je me suis attaché à faire une affiche A3 attractive contenant toutes les informations nécessaires sur l’événement. J’ai procédé à un affichage dans les lieux stratégiques de l’établissement : l’entrée du self ; le foyer ; les différents panneaux d’affichage présents dans l’établissement ; l’entrée du CDI ; le panneau d’informations à l’intérieur du CDI.

J’ai également tiré des flyers pour les délégués de chaque classe afin qu’ils communiquent l’information à leurs camarades de classe. J’ai déposé les flyers dans les casiers des délégués de chaque classe se situant à la vie scolaire et j’en ai profité pour communiquer l’information à l’équipe de la vie scolaire.

L’établissement est équipé de plusieurs téléviseurs diffusant diverses informations sur la vie de l’établissement. Je suis allé voir le directeur adjoint de l’établissement afin de lui proposer de diffuser l’affiche sur les écrans. Il a accepté et cela a été l’occasion d’échanger avec lui sur le projet.

En revanche, je n’ai pas communiqué auprès des enseignants que ce soit via le tableau du CDI dans la salle des professeurs, via leur adresse mail ou encore via le LCS de l’établissement.

 

Une expérience très formatrice

 

Cette expérience m’a permis de m’initier à cet axe de la politique documentaire à travers une collection spécifique du fonds documentaire à savoir la bande-dessinée. Tout au long de ce projet, j’ai beaucoup appris et pris conscience de certains points fondamentaux de ce type de projet.

Voici les compétences que j’ai apprise, comprise et mobilisé au cours de cette situation professionnelle:

  • J’ai acquis des compétence en terme d’acquisition : stratégie d’acquisition ; sélection de ressources ; gestion d’une commande (intendance, bon de commande etc…)
  • Développement d’un partenariat extérieur
  • La communication est vitale pour ce type de projet. Il est nécessaire de communiquer également directement avec les élèves lorsque l’occasion se présente. Par exemple, j’ai été amené à proposer à des élèves lisant des bandes-dessinées dans le CDI à participer au club BD.
  • A l’occasion des réunions du club, j’ai du faire attention à ma posture professionnelle et surtout dans l’expression et les termes employés au cours des échanges.

Une collection de bandes-dessinées idéale dans un CDI de collège et un CDI de lycée

-Lors de ces deux années de stage en établissement scolaire, j’ai découvert un certain nombre de bandes-dessinées que ce soit dans ces établissements ou par mes lectures personnelles. Je me suis constitué progressivement une collection personnelle constituée des bandes-dessinées ayant leur place dans le CDI d’un collège ou d’un lycée.

-J’ai donc pris en compte un certain nombre de critères que je me suis constitué par mes lectures professionnelles et par des critères qui me sont propres:

  • la qualité narrative
  • la qualité graphique
  • l’originalité du procédé graphique
  • oeuvre charnière dans l’histoire de la bande-dessinée
  • le potentiel utilisation comme support pédagogique
  • le sujet de la bande-dessinée

-Afin de vous présenter cette collection, j’ai utilisé le réseau social Senscritique. Celui-ci est un réseau social culturel sur lequel l’usager peut noter, commenter et découvrir diverses œuvres culturelles que ce soit de la musique, des films, des séries, de livres ou des bandes-dessinées. L’ouverture d’un compte permet d’afficher ces gouts (top 1O des films, top 10 des séries, top 10 des livres etc…). Cela permet également de créer des listes thématiques d’oeuvre. En utilisant cet outil, j’ai constitué une liste de bandes-dessinées pour le collège et une autre pour le lycée.

-Cette liste fait donc figure de collection de bandes-dessinées idéale pour moi dans le cadre d’un lycée ou d’un collège. Elle fait également figure d’outil sur lequel je peux m’appuyer dans le cadre de mes futures politiques d’acquisition: