La politique d’acquisition en question

-Pour reprendre la définition de l’ADBS, la politique d’acquisition d’un centre de ressources constitue l’ «
ensemble des objectifs, méthodes et moyens orientant l’acquisition de documents, quel que soit leur support, pour un accroissement et une mise à jour des fonds d’un organisme, en tenant de ceux déjà existant et des intérêts et des besoins des usagers. Ces acquisitions peuvent se faire  titre onéreux ou à titre gratuit à partir de ressources quel qu’en soit leur support (bibliographies, catalogues etc…), au vu des documents eux-mêmes, ou encore par demande des usagers.»

-La politique d’acquisition est fondamentale dans la politique documentaire d’un centre de ressources. Comme le souligne Jean-Louis Durpaire, « la politique d’acquisition est un élément essentiel de la politique documentaire. Son objectif est de constituer un fonds en adéquation avec les besoins des usagers ». il ajoute que cette politique documentaire « s’appuie nécessairement d’une part sur une politique de constitution de collections incluant des acquisitions et des désherbages, d’autre part sur une analyse des publics servis ou à servir. » (Les politiques documentaires des établissements scolaires. Rapport à monsieur le ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche. Mai 2004).

-Que ce soit dans la circulaire de 1986, le référentiel de compétences, ou dans le protocole d’inspection de 2007, la politique d’acquisition fait partie des missions et des compétences de l’enseignant-documentaliste :

  • Circulaire de 1986 : « Il assure la responsabilité du fonds documentaire, de son enrichissement, de son organisation, de son classement et de son exploitation » (4. Le documentaliste-bibliothécaire est responsable du centre de ressources documentaires multimédia)
  • Protocole d’inspection de 2007 : « constituer et gérer des collections documentaires qui répondent aux besoins et aux intérêts des publics » (III. Mettre à disposition des ressources et organiser la diffusion de l’information utile au sein de l’établissement)
  • Référentiel de compétences : « Maîtriser les connaissances et les compétences bibliothéconomiques : gestion d’une organisation documentaire et d’un système d’information, fonctionnement de bibliothèques publiques ou centre de documentation, politique d’acquisition, veille stratégique… » (Mettre en œuvre la politique documentaire de l’établissement)

-Cette politique d’acquisition demande un certain nombre de compétences et de connaissances énumérés par Janine Molina et Josiane Ducournau sur le site savoirs-cdi à travers les « 10 commandements d’une politique d’acquisition ».

-Lors de mes deux stages, j’ai été confronté cet axe majeur de la politique documentaire d’un établissement scolaire. Cette expérience m’a confronté à deux points particuliers de cet aspect de la politique documentaire :

  • la question de la bande-dessinée au sein d’un CDI
  • la question du désherbage du fonds documentaire du CDI (9e commandement)
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Contexte professionnel

Une gestion documentaire délicate

-A la rentrée 2013-2014, j’ai été affecté au collège Gustave Flaubert de Pont-L’évêque en tant que contractuel admissible. J’ai rencontrée lors de la pré-rentré ma tutrice, elle-même nouvellement affectée dans cet établissement. Lors de notre première semaine, nous avons pu constater des manquements dans la gestion documentaire du C.D.I.. Trois activités faisant partie des compétences de documentaliste semblait avoir été négligé ces dernières années : le traitement documentaire et intellectuel des documents ; le « non-usage » du logiciel documentaire BCDI ; le désherbage.

-Concernant le désherbage, une étude des rayonnages du fonds documentaires montre une activité de désherbage quasi-inexistante : cinq ou six exemplaires du capitaine Fracasse dont un exemplaire de 1964 et deux autres des années 80 ; un livre documentaire sur les biotechnologies datant de 1987 ; des livres documentaires sur le cyclisme concernant Bernard Hinault ou encore Jacques Anquetil. Nombreux sont les exemples démontrant une politique de conservation du maximum de document dans le centre de ressource. A partir de ce constat, il a été entrepris un désherbage de l’ensemble du fonds documentaire associé à la saisie et le traitement documentaire de l’ensemble des livres du CDI.

 

Politique d’acquisition our une collectiond e bandes-dessinées dans un lycée

-Lors de mes premières observations du CDI et plus particulièrement de son fonds, j’ai très vite constaté que la BD n’avait que peu de place. Situé en bout de rayon, le fonds est constitué d’une soixantaine de bandes dessinées dont la qualité est très inégale et la vétusté avérée. Après en avoir parlé à ma conseillère pédagogique, elle m’a confié qu’à son arrivée, il y a trois ans, le fonds était très faible et qu’elle-même, ne s’était pas penchée particulièrement sur la question. Elle m’a donc proposé, si je le souhaitais, de mettre en place une liste d’acquisition qui me paraîtrait pertinente.

Considérant, notamment par ma propre expérience, que la bande dessinée est un art à part entière, un élément de culture générale et un vecteur de connaissance dans de multiples domaines, je me suis interrogé sur la constitution de ce type de fonds.

Toute politique d’acquisition fait appel à des acteurs dans la conception et la réalisation de cette politique d’acquisition.

L’enseignant-documentaliste en tant que maître d’œuvre de la politique d’acquisition du CDI et responsable du fonds documentaire est le premier concerné. Néanmoins, il s’appuie sur l’ensemble de l’équipe pédagogique afin d’identifier des besoins. Les élèves également sont concernés. Ils peuvent donner des suggestions aux enseignants-documentalistes qui doivent répondre à leur besoin en prenant en compte les besoins spécifiques du fonds documentaires.

Mais les élèves de l’établissement scolaire constituent avant tout le public ciblé par cette politique d’acquisition.

Il peut être difficile de mesurer leur attente en raison notamment de l’absence d’emprunts de bande-dessinée dans le fonds déjà disponible. En effet, afin d’identifier un public potentiel pour cette liste d’acquisition, j’ai consulté la liste des emprunts faits pour une partie des bandes dessinées disponibles. Or les emprunts sont très rares. Parmi eux, un grand nombre sont effectués par les professeurs ce qui m’a rappelé qu’ils sont également un public susceptible de consulter ce type de documents notamment en tant qu’outil d’apprentissage ou objet d’apprentissage.

 

Identification de ressources et d’axes pour cette politique d’acquisition

 

-Afin d’étoffer le fonds de bande-dessinée du CDI, j’ai tenté de mettre en place une liste d’acquisition.

-A partir de mes recherches sur l’intérêt de la bande-dessinée dans un CDI, j’ai identifié trois axes majeures sur lesquels je peux m’appuyer pour proposer une offre qui correspond aux diverses besoin pour ce type de document dans un cadre scolaire :

-une fiction destinée à la « lecture plaisir » : sa lecture serait donc associée à un moment de détente sans vocation pédagogique

-la lecture de bande-dessinée et la connaissance dans ce domaine est un élément constitutif d’une culture générale : la bande-dessinée est alors considérée comme un genre artistique à part entière au même titre que le roman, le théâtre, la peinture ou le cinéma. Elle a donc ses grandes œuvres et ses grands auteurs.

-On peut lui trouver également un intérêt pédagogique du fait qu’elle aborde des points que l’on retrouve dans les programmes de certaines disciplines. Elle devient alors un outil pédagogique servant à illustrer un point particulier du programme.

-Il propose par exemple aux professeurs d’arts plastiques d’utiliser ce support pour l’étude des procédés iconographiques de représentation du temps. De nombreux CRDP proposent des exemples de séances pédagogiques illustrant le rôle d’outil pédagogique de la bande-dessinée.

-Après avoir pris en considération les différents intérêts que revêt la présence de la bande dessinée dans un CDI, il s’agit de s’interroger sur les outils, notamment de veille, mis à disposition des enseignants-documentalistes pour effectuer une politique d’acquisition (en lien, sitographie).

Plusieurs sites web sont des bases de données référençant un ensemble de bande dessinée ayant un intérêt éducatif et/ou pédagogique. Ils disposent de fiches de commentaires classées par séries, collections, auteurs ou éditeurs. Parmi eux, le plus connu est L@BD, site du CRDP de Poitiers dans lequel tous les albums ayant un intérêt pédagogique sont commentés, notés et classés par tranches d’âge.

Il fait véritablement figure de référence notamment pour valider certains choix d’acquisition. D’autres sites de ce type sont plus spécialisés et peuvent être très utiles notamment dans le domaine littéraire. Ainsi, le CRDP d’Aix-Marseille a réalisé un site consacré au référencement de toutes les œuvres littéraires adaptées en bandes dessinées. Il est organisé en bibliographie thématique (polar, poésie, biographie…).

Un certain nombre de sites sont consacrés à des thèmes portant sur la bande dessinée. Comme nous l’avons rapidement évoqué, ils proposent des activités et des circuits d’exploration destinés aux milieux scolaires. Ainsi, les ateliers pédagogiques de la BNF proposent une exposition virtuelle portant sur les maîtres de la BD européenne avec notamment une rubrique consacrée aux pistes pédagogiques comprenant de la documentation, des détails des séances pédagogiques, et des supports d’images.

Le CRDP d’Amiens, à l’occasion d’une exposition organisée dans ses locaux, a mis en place une exposition sur son site consacrée à l’autobiographie et la bande dessinée. Celle-ci est munie d’une séquence pédagogique destinée aux classes de lycée. L’ensemble de ses sites répertoriés sont essentiels dans la mesure où ils permettent d’avoir l’avis de professionnels mais aussi d’offrir des outils afin de resituer certaines bandes dessinées dans un contexte disciplinaire.

 

Un public acteur de la politique d’acquisition

 

-Après un cours sur les pratiques professionnelles dans lequel avait été abordée la mise en place d’un « club manga » au sein d’un collège, j’ai proposé à ma conseillère pédagogique de mettre en place un « club BD » afin de faire participer les élèves à l’enrichissement du fonds de bande dessinée. Cette initiative a pour intérêt principal d’identifier un public intéressé et surtout de créer une dynamique autour du fonds de bande dessinée permettant d’en faire une part non-négligeable dans la collection du CDI.

Néanmoins, cette initiative pose plusieurs questions quant à ses modalités de mise en place. En effet, il s’agit de rassembler des élèves intéressés et de leur permettre de partager leur gout, de faire découvrir et de découvrir des bandes dessinées. Cette situation pose la question de communiquer sur le projet afin qu’un maximum d’élève soit au courant de ce projet. Il faut également trouver un lieu à l’intérieur du CDI qui soit propice à ce type d’activité. De plus, il est nécessaire de bénéficier d’un créneau horaire au cours duquel un maximum d’élève peut être présent.

La question du lieu est résolue par la possibilité de bénéficier d’une salle destinée à l’histoire des arts ayant une capacité de trente personnes ou d’une des petites salles de travail pouvant accueillir six personnes, une estimation beaucoup plus probable. Enfin la question du créneau horaire est résolu par le fait que tous les mardis, de 14h à 15h, une heure de vie commune est aménagée dans l’emploi du temps des élèves. Il s’agit alors de leur proposer de venir, en l’occurrence une fois par mois ou tous les quinze jours si nécessaire, afin qu’ils présentent des bandes dessinées, comics ou mangas aux autres élèves. De plus, je proposerai de mon côté des nouveautés, susceptibles de leur plaire, ayant un intérêt pédagogique, esthétique, narratif et historique. De cet échange doit ressortir une sélection hebdomadaire de 5-6 bandes dessinées destinées à enrichir le fonds du CDI.

 

Le développement d’un partenariat

 

-Afin de proposer aux élèves un choix large de bandes-dessinées aux élèves, j’ai décidé de développer un partenariat avec une libraire spécialisée dans la bande-dessinée.

Je lui ai expliqué le projet et je lui ai demandé s’il était possible d’emprunter un certain nombre de bandes-dessinées tous les quinze jours afin de les lire pour ensuite les proposer aux élèves. En contre-partie, les achats du CDI se feront dans sa librairie.

Cet accord m’a permis d’avoir accès à un large choix de nouveautés, de les consulter et de les présenter aux élèves venant au club. De plus, j’ai pu être conseillé et guidé dans mes sélections. Par exemple, pour une réunion du club BD, j’ai décidé de donner une thématique « adaptation littéraire ». Il m’a alors proposé toutes les bandes-dessinées destinées à ce thème.

 

Une communication autour du projet

 

-Afin de faire connaître le club dans l’établissement scolaire, j’ai du mettre en place une stratégie de communication au sein du lycée.

J’ai décidé de créer une affiche à partir du logiciel GIMP, logiciel dont j’ignorais le fonctionnement. Je me suis attaché à faire une affiche A3 attractive contenant toutes les informations nécessaires sur l’événement. J’ai procédé à un affichage dans les lieux stratégiques de l’établissement : l’entrée du self ; le foyer ; les différents panneaux d’affichage présents dans l’établissement ; l’entrée du CDI ; le panneau d’informations à l’intérieur du CDI.

J’ai également tiré des flyers pour les délégués de chaque classe afin qu’ils communiquent l’information à leurs camarades de classe. J’ai déposé les flyers dans les casiers des délégués de chaque classe se situant à la vie scolaire et j’en ai profité pour communiquer l’information à l’équipe de la vie scolaire.

L’établissement est équipé de plusieurs téléviseurs diffusant diverses informations sur la vie de l’établissement. Je suis allé voir le directeur adjoint de l’établissement afin de lui proposer de diffuser l’affiche sur les écrans. Il a accepté et cela a été l’occasion d’échanger avec lui sur le projet.

En revanche, je n’ai pas communiqué auprès des enseignants que ce soit via le tableau du CDI dans la salle des professeurs, via leur adresse mail ou encore via le LCS de l’établissement.

 

Une expérience très formatrice

 

Cette expérience m’a permis de m’initier à cet axe de la politique documentaire à travers une collection spécifique du fonds documentaire à savoir la bande-dessinée. Tout au long de ce projet, j’ai beaucoup appris et pris conscience de certains points fondamentaux de ce type de projet.

Voici les compétences que j’ai apprise, comprise et mobilisé au cours de cette situation professionnelle:

  • J’ai acquis des compétence en terme d’acquisition : stratégie d’acquisition ; sélection de ressources ; gestion d’une commande (intendance, bon de commande etc…)
  • Développement d’un partenariat extérieur
  • La communication est vitale pour ce type de projet. Il est nécessaire de communiquer également directement avec les élèves lorsque l’occasion se présente. Par exemple, j’ai été amené à proposer à des élèves lisant des bandes-dessinées dans le CDI à participer au club BD.
  • A l’occasion des réunions du club, j’ai du faire attention à ma posture professionnelle et surtout dans l’expression et les termes employés au cours des échanges.

Un cadre institutionnel, professionnel et scientifique

Un cadre institutionnel

-Les prescriptions institutionnelles concernant le désherbage sont celles qui concernent la politique d’acquisition. Néanmoins, dans le protocole d’inspection de 2007, le désherbage est clairement spécifié comme faisant partie des compétences d’un enseignant-documentaliste. En effet, il est indiqué qu’il est nécessaire de « pratiquer un désherbage régulier » (III Mettre à disposition des ressources et organiser la diffusion de l’information utile au sein de l’établissement).

Un cadre professionnel et scientifique

-La documentation professionnelle est riche en matière de désherbage. Activité à part entière de la politique d’acquisition d’un centre de ressources, le désherbage fait partie des charte d’acquisition éditée par la FABDEN ou par certaines bibliothèques. Elle fait l’objet de nombreux articles dans la BBF, ou encore le site savoir-CDI. C’est également un activité documentaire qui fait l’objet de document d’accompagnement pour les professionnelles produit par diverses institutions telles que les CRDP ou CDPP etc… A partir de l’ensemble de ces documents, on peut dégager un certain nombre de principes qui régissent cette activité quelque soit le lieu où elle est menée, une méthodologie et un certain nombre de critères dévaluation.

Principes régisseurs :

-L’activité de désherbage fait partie de la politique d’acquisition du centre de ressources. Dans les diverses procédures d’acquisition, elle se situe dans la première étape de la procédure d’acquisition à savoir « évaluer l’état du fonds » (charte d’acquisition de la FABDEN).

-L’activité de désherbage se justifie selon trois principes généraux selon le CDPP de Dordogne. Tout d’abord, un service de documentation n’est pas un service d’archives. Ensuite, une documentation périmée ou vieillie est responsable de la désaffectation du CDI par les élèves, participe de l’échec scolaire et de l’inappétence à la lecture, et donne une idée passéiste de la littérature de jeunesse. Enfin, toute partie intégrante de la politique d’acquisition, toute élimination doit être régulière et complétée par une politique d’acquisitions dans le même secteur.

De plus, il est nécessaire d’avoir comme le souligne Michel Mélot un espace clair et aéré car « il faut savoir que l’amoncellement de documents rend perplexe, embarrasse et agace beaucoup les lecteurs ». Si on enlève les livres désuets et/ou porteur de désinformation, le lecteur à ce moment là n’est plus noyé dans une offre qui a l’air abondante et qui n’aboutit pas.

Le but avec la pratique de désherbage n’est pas d’accumuler pour constituer une sélection mais de sculpter la collection (Michel Mélot)

Le désherbage : des critères variables

-Pour le désherbage, la nécessité d’une méthode s’impose. Parmi les critères propres à tous les types de document, il s’avère selon Michel Mélot que ceux sont les critères d’usage, c’est à dire les statistiques de prêt (que l’on soit en manuel ou en informatique) et l’âge du document c’est à dire sa date de publication, qui sont le plus souvent utilisé.

  • L’âge est le moins bon critère. Il n’est pas facile à appliquer selon les domaines (en sciences humaines ou en histoire). C’est beaucoup employé pour les périodiques.

  • L’usage est un critère objectif parce qu’il est chiffré sauf qu’on ne sait pas estimer, pour le moment, la consultation sur place. Ce critère d’usage n’est utilisable que pour les livres que l’on prête. Ce n’est pas un critère dynamique parce que cela mesure l’usage passé. De plus, un livre peut ne pas être beaucoup demandé, donc peu emprunté, mais d’autre part être excellent. Cela permet de définir néanmoins le cœur de votre collection.

-La question du désherbage des documents dépend notamment du type de document.

Ainsi, les manuels scolaires présents dans un CDI doivent correspondre à la réactualisation des programmes. Au-delà, ils sont éventuellement donner aux enseignants ou ils sont mis au pilon (dans le CDI en question, les manuels scolaires étaient conservés pour servir à des panneaux de présentation pour les élèves).

-Les dossiers documentaires ne peuvent être conservés que s’ils ne sont pas mis à jour régulièrement (nous avons retrouvé plus de deux dossiers documentaires obsolètes dans le CDI).

-Pour les romans, il est nécessaire de prendre en compte l’importance déterminante de l’aspect extérieur du document dans la décision de lecture, et doit faire acheter systématiquement les éditions récentes (satisfaisantes évidemment), surtout pour les classiques.

-Concernant les livres documentaires, le CRDP de Dordogne propose une méthode de désherbage des collections reposant sur l »âge du document, les prêts ou consultations dont il est ou non l’objet et les critères de valeur IOUPI (lien pour arrivée à la page).

-Les périodiques : la question des dates butoirs : doivent être modulé en fonction des utilisations développées dans l’établissement.

-La nécessité de prendre en compte le contexte du centre de ressource :

-A ces critères bibliothéconomiques se rajoutent ceux liés au contexte propre de l’établissement scolaire. Il faut savoir que chaque établissement est particulier. La même recette ne peut pas s’appliquer à tout le monde. Ainsi, un livre peut être désherbé en raison de son inadéquation avec l’age et les besoins des publcis notamment en raison de son niveau de langue ou alors du contenu propre de l’ouvrage.

Démarche administrative :

-Le désherbage doit être complété par l’établissement d’une liste globale et justifiée (manuels obsolètes, documents en mauvais état…), que l’on fait passer au CA par l’intermédiaire de l’intendant. Il est également possible d’éditer rapidement une liste sur BCDI. Pour être compris par l’ensemble des membres de l’équipe pédagogique, il est nécessaire d’objectiver et de rendre public, les principes de références, les critères et les procédures de sélection (charte acquisition de la FABDEN).

Cette démarche administrative est nécessaire pour faire admettre au public et à l’autorité de tutelle la nécessité de cette démarche. Il est vrai qu’il est difficilement compréhensible de demander un budget et d’éliminer des livres. En plus d’être un bien culturel, le livre recèle un capital symbolique. L’écriture est une matérialisation de la pensée, et le livre la demeure de la pensée. En plus, il existe un obstacle d’ordre affectif : pourquoi détruire quand on sait que certains manquent de livres ?

-Traitement physique des ouvrages désherbés :

-Les pratiques obligatoires lors d’un désherbage : on appose un tampon à l’encre rouge sur l’estampillage du document qui explique « exclu des collections » (du fonds d’origine), ou « mis au pilon».

Le désherbage: des acteurs et un public:

– Les acteurs concernés par l’activité de désherbage au sien du CDI sont essentiellement les deux enseignants-documentalistes du CDI dont cette activité fait partie de leur compétences professionnelles. Néanmoins, cette activité nécessite également l’intervention potentiel du conseil d’administration, instance de décision qui doit être tenu au courant des documents désherbés. Cette activité nécessite également la collaboration de l’équipe pédagogique et notamment des enseignants de disciplines qui par leur expertise peuvent formulés un avis concernant tel ou tel ouvrage.

-L’activité de désherbage est destinée à mettre à disposition un fonds documentaire à jour et répondant aux diverses besoins du public du centre de ressources. Ainsi, les élèves et les membres de l’équipe pédagogique constitue le public pour qui cette activité documentaire est mise en œuvre. Les enseignants de discipline sont également un public vers lequel il est nécessaire de justifier et d’expliquer l’activité de désherbage. En effet, sur le principe qu’on ne jette pas les livres, beaucoup d’entre eux sont réfractaires à l’idée de désherber un livre en raison de sa vétusté. En effet, pour certains d’entre eux cet acte est assimilé à du « gaspillage ». Elle est donc nécessaire de communiquer auprès d’eux sur cette question.

Le désherbage du fonds de fiction du fonds de documentaire

-Étant donné qu’une grande partie partie du fonds n’était pas traiter sur le logiciel documentaire, ma conseillère pédagogique m’a demandé de procéder au traitement documentaire de tous les livres de documentaire et de fiction afin de les rentrer dans la base de données BCDI. Je lui ai proposé d’effectuer par la même occasion le désherbage de la collection des livres du CDI.

-Néanmoins, au préalable, nous avons procédé à l’élimination de plus de trois cent dossiers documentaires présents dans le CDI. En effet, ceux-ci n’étaient plus à jour et constituaient un fonds d’image pour la réalisation de panneaux de présentation de thèmes réalisés par les élèves. Que ce soit dans le domaine de la géographie (pays de l’Union Européenne au début des années 2000 etc…) ou dans le domaine des technologies (pas de présence du DVD dans les technologies audiovisuelles ; dossier documentaire consacré à internet évoquant le « bug de l’an 2000 »), les dossiers documentaires n’avaient aucun intérêt documentaire et constituaient donc une source de désinformation. Cette élimination physique s’est accompagné de la destruction des notices catalographiques enregistrées sur BCDI pour une partie de ces dossiers.

-A travers ce premier travail, il m’est apparu que la question de la mise à jour et de la véracité des informations présentes dans un document constituent des critères majeurs pour l’évaluation d’un document dans le cadre d’une démarche de désherbage.

Les livres documentaires

-C’est d’ailleurs un des principaux critères retenus pour l’évaluation des livres documentaires. Ainsi, le désherbage du fonds de livres documentaires s’est révèle être plus fastidieux que le fonds de fiction. En effet, il est nécessaire de consulter la table des matières ou le sommaire pour voir exactement de quoi est constitué le fonds de l’ouvrage. Parmi les livres de documentaire désherbés, certains étaient complétement obsolètes. On peut notamment citer un livre sur les bio technologies datant de 1986 ou encore un livre sur les systèmes de mesures et les ordinateurs datant de 1988.

Les bio technologies (1986)

Les bio technologies (1986)

Systèmes de mesure et ordinateurs

Systèmes de mesure et ordinateurs

Avec ce critère d’actualité de l’information, il est nécessaire également d’analyser la qualité physique de l’ouvrage c’est-à-dire d’une part voir s’il est abîmé et s’il a fait l’objet de plusieurs réparations mais aussi de vérifier si le graphisme n’est pas trop désuet. A cela s’ajoute la vérification de la richesse du fonds dans ce domaine. Il s’avère que pour certains ouvrages, diverses critères se recoupent. Par exemple nous avons désherbés un livre sur les chevaux datant de 1994. Celui-ci emprunté à de nombreuses reprises été très abimé. De plus, il se trouve que le CDI bénéficie d’un fonds sur les chevaux très imposant. On compte plus d’une dizaine d’ouvrages sur le sujet. Il a donc été décidé de mettre cet ouvrage au pilon.

Les chevaux en 1000 photos

Les chevaux en 1000 photos

D’autres livres nécessitent une analyse fine de tous ces critères et le concours de ma conseillère pédagogique. Concernant les livres documentaires, l’usage est également pris en compte. Néanmoins, ce critère est fortement tributaire de la qualité de l’information contenue dans le livre en question.

Les livres de fiction

-Le désherbage concernant les livres de fiction reposait sur plusieurs critères majeurs. Tout d’abord le critère de l’apparence physique. En effet, à la suite de mes lectures, j’ai réalisé l’importance de l’apparence du livre dans leur critère de sélection d’une œuvre. Ainsi, les éditions jaunies, abîmées, déjà réparées ou datant de plus d’une quinzaine d’années ont été désherbé. Le critère de l’âge est important car il prend en compte le caractère désuet ou non de l’exemplaire. Ainsi, certains exemplaires ont été mis au pilon en raison du caractère désuet de l’édition.

Néanmoins, le désherbage de ce type de documents dépend également de la présence ou non dans le fonds de plusieurs exemplaires de ce livre. Ainsi, un exemplaire du Seigneur des anneaux rassemblant les trois tomes a été désherbé en raison de son état, de son peur d’ergonomie en matière de confort de lecture pour un élève de collège mais aussi en raison de la présence dans le fonds de deux exemplaires de la trilogie divisés en trois tomes.

Le seigneur des anneaux

Le seigneur des anneaux

C’est également le cas pour un exemplaire d’Histoires extraordinaires d’Edgar Allan Poe. Celui-ci, vétuste et abimé, a été désherbé en raison de la présence dans le fonds de trois autres exemplaires de cet oeuvre. DSC01301B

A l’inverse, certains livres ont été conservés en raison de la présence d’un seul exemplaire dans le fonds. Ce critère était d’autant plus renforcé si c’était une œuvre susceptible d’être évoquée dans le programme de français. Ainsi la prise en compte des programmes de français au collège et des œuvres potentiellement évoquées a fait partie de l’évaluation de certains livres de fiction.

La prise en compte de l’usage des livres est un critère également déterminant dans la sélection d’ouvrages de fiction désherbés. Un exemple pertinent de la prise en compte de ce critère est la désherbage des livres de la collection « Un livre dont vous êtes le héros ». En effet, le CDI a dans son fonds une trentaine de livre de fiction de cette collection. Or, lors du désherbage, il s’est avéré que ces éditions datant des années 1990 et abîmées étaient encore régulièrement empruntées ces dernières années d’après les fiches d’emprunt présentes dans ces ouvrages. Ainsi des ouvrages destinés à être désherbé ont été conservés. Néanmoins, une partie de cette collection – la plus vétuste – a tout de même été mise au pilon.

Certains ouvrages ont été désherbés en raison de leur caractère non-adaptés à un public de collège. Ainsi le livre Rosemary baby a été désherbé pour cette raison.

La prise en compte des contraintes budgétaires :

-Hormis tous ces facteurs propres à un activité de désherbage, la prise en compte du budget du CDI a constitué un critère de sélection pour certaines œuvres et notamment des classiques. On peut citer par exemple Si c’est un homme de Primo Lévy.

En effet certaines priorités ont été établies en début d’année par ma conseillère pédagogique qui ont eu un impact fort sue le budget du C.D.I.. Parmi eux, la constitution d’un fonds de document pour l’orientation à jour et l’acquisition d’une nouvelle version de BCDI ainsi que l’acquisition de E-sidoc. Ces deux priorités induisent des coûts financiers importants qui se sont répercutés sur le budget du CDI. Ainsi, il s’est avéré très vite qu’il était impossible de remplacer de façon systématique un livre désherbé soit par un autre livre, soit par une édition plus récente ou plus adaptée au public de l’établissement. De ce fait la question de l’évaluation de la vétusté d’un livre a été revu de façon à ce que l’activité de désherbage ne prenne pas la forme d’une « amputation du fonds » sans politique d’acquisition en aval.

La mise en œuvre d’une liste des livres désherbés

-A la suite de mes lectures, il m’est apparue nécessaire de mettre en place une liste des livres désherbés. Une liste sur laquelle apparaîtrait les différents critères justifiant l’élimination de tel ou tel document. En effet, après avoir entamé la procédure de désherbage, il s’est avéré qu’aucun document ne tenait à jour le nombre et l’identité des livres désherbés. Or ce type de documents constitue d’une part un document nécessaire à la présentation et notamment au CA des résultats de la procédure de désherbage mais constitue également pour l’enseignant-documentaliste une ressource non négligeable et notamment pour le rachat éventuel de certains livres dans des éditions plus récentes et réactualisées.

J’ai donc demandé à ma conseillère pédagogique qui m’a indiqué que selon elle, ce type de liste présentée au CA n’était pas nécessaire et notamment dans la mesure ou les livres désherbés n’était pas répertoriés. J’ai tous de même décidé de constituer une liste. Celle-ci permet notamment de quantifier le nombre d’ouvrages désherbés au cours de l’année mais permet aussi de justifier pour chaque livre après leur élimination les raisons pour lesquelles ils ont été désherbés.

Selon moi, ce type de document me paraît essentielle dans ce type d’activité d’autant plus que le logiciel documentaire ne permet pas de constituer cette liste dans la mesure où la majeure partie des ouvrages ne sont pas entrés dans la base documentaire et ne peuvent donc pas être classé comme « mis au pilon ».

Le désherbage: un travail collectif

-L’activité de désherbage des livres de fiction et des livres documentaires m’était déléguer. Or, très rapidement, j’ai questionné régulièrement ma conseillère pédagogique pour certains ouvrages. En effet, certains critères sont sujets à interprétation et tout particulièrement la question de la vétusté d’un livre. D’autant plus que ces critères interagissent entre eux (exemple : si une édition de L’ile au trésor paraît vétuste, il peut être nécessaire de la garder en raison de la présence d’un seul exemplaire dans le fonds et d’un budget ne permettant pas le rachat de l’œuvre).

Ainsi, pour la plupart des livres que je décidais de mettre au pilon, je lui demandais son avis au préalable. Cela permet notamment d’avoir un autre regard sur son jugement mais également d’échanger et donc d’apprendre ainsi que de peaufiner la finesse de la désélectionner de certains documents. Cet échange a donné lieu à la mise en place progressive de critères d’évaluation prenant en compte les particularités propre au CDI (mettre en annexe le résumé de la prise de note effectuée durant l’année).

Le désherbage: une activité raisonnée et située pour répondre au besoin des publics

A travers cette expérience, j’ai acquis un certain nombre de connaissance et de compétences concernant la pratique du désherbage d’un fonds documentaire d’un établissement du second degré:

  • La nécessité de recouper les critères lorsque le fonds est en grande partie obsolète afin d’éviter une « amputation du fonds ». Le désherbage est une activité situé dépendant du contexte documentaire de l’établissement d’où la nécessité d’un diagnostique du fonds.
  • Une politique de désherbage doit être clairement affichée et écrite. Il est nécessaire de communiquer auprès de l’équipe pédagogique.
  • Le désherbage est une activité qui nécessite l’échange de point de vue afin d’éviter les erreurs au maximum.
  • Il faut supprimer l’ouvrage de l’inventaire et prévoir des listes de rachat en conséquence.

-D’un point de vue plus personnel, cette première expérience d’une activité de désherbage raisonnée et organisée a contribué à renforcé ma posture professionnelle. En effet, accordant moi-même beaucoup d’importance à la valeur d’un livre, la mise au pilon systématique des ouvrages vétustes, non à jour ou non-adapté au public était un principe qui m’échappait. Cette activité a renforcé ma vision du métier qui consiste notamment à la mise à disposition de ressources répondant aux besoins des élèves. Le désherbage est une démarche permettant de répondre à cette exigence de notre métier. Il est donc fondamentale d’en avoir une pratique régulière.

Une collection de bandes-dessinées idéale dans un CDI de collège et un CDI de lycée

-Lors de ces deux années de stage en établissement scolaire, j’ai découvert un certain nombre de bandes-dessinées que ce soit dans ces établissements ou par mes lectures personnelles. Je me suis constitué progressivement une collection personnelle constituée des bandes-dessinées ayant leur place dans le CDI d’un collège ou d’un lycée.

-J’ai donc pris en compte un certain nombre de critères que je me suis constitué par mes lectures professionnelles et par des critères qui me sont propres:

  • la qualité narrative
  • la qualité graphique
  • l’originalité du procédé graphique
  • oeuvre charnière dans l’histoire de la bande-dessinée
  • le potentiel utilisation comme support pédagogique
  • le sujet de la bande-dessinée

-Afin de vous présenter cette collection, j’ai utilisé le réseau social Senscritique. Celui-ci est un réseau social culturel sur lequel l’usager peut noter, commenter et découvrir diverses œuvres culturelles que ce soit de la musique, des films, des séries, de livres ou des bandes-dessinées. L’ouverture d’un compte permet d’afficher ces gouts (top 1O des films, top 10 des séries, top 10 des livres etc…). Cela permet également de créer des listes thématiques d’oeuvre. En utilisant cet outil, j’ai constitué une liste de bandes-dessinées pour le collège et une autre pour le lycée.

-Cette liste fait donc figure de collection de bandes-dessinées idéale pour moi dans le cadre d’un lycée ou d’un collège. Elle fait également figure d’outil sur lequel je peux m’appuyer dans le cadre de mes futures politiques d’acquisition: