Le développement d’un posture et des gestes professionnels

-Au cours de cette année durant laquelle j’ai eu l’occasion d’acquérir une certaine expérience de gestion de la classe à travers des séances, j’ai pris des initiatives personnelles quitte à déroger aux rituels des autres enseignants et notamment ceux de ma conseillère pédagogique.

-Ainsi, à la différence de celle-ci, une fois que les élèves sont rentrés, je les laisse s’installer seuls   de ma collègue qui leur demande de rester debout avant de leur donner l’autorisation de s’asseoir. En effet, je ne me sens pas à l’aise à l’idée qu’ils attendent mon autorisation pour s’asseoir. J’ai le sentiment que cela les conditionne à attendre mon autorisation pour toute démarche lors du cours. Cela me donne le sentiment de les installer dans un cadre prescriptif qui leur laisse très peu de marge de manœuvre. Il s’agit ici de la préoccupation de l’atmosphère pour reprendre les termes de Dominique Bucheton.  Néanmoins, je veille à ce qu’ils s’installent dans le calme et qu’ils se mettent en condition de travail très vite.

-En tant que première expérience cette année en tant qu’enseignant-documentaliste en poste, il était nécessaire d’acquérir tous les gestes professionnels nécessaire le plus tôt possible afin de pouvoir conduire des séances de façon efficace.

Or cette posture passe également par le vocabulaire employé et l’attitude face aux élèves. La question de l’âge et la fonction d’enseignant-documentaliste nécessite de reprendre régulièrement les élèves et même les professeurs.

Je me suis surpris ainsi à reprendre les élèves et à leur faire comprendre mon statut d’enseignant. En effet, que ce soit lors des séances pédagogiques ou les heures d’accueil du CDI, j’ai été confronté au cours de l’année, le tutoiement de certains élèves est arrivé à de multiples reprises. J’ai été également confronté au terme de « jeune homme » employé par une élève. Dans ces cas là, j’ai réagi directement en rappelant que j’étais un enseignant et que le terme de « monsieur » était le plus approprié. Mais c’est également au cours de séances en partenariat que j’ai du reprendre des enseignants de discipline. En effet, j’ai été confronté à une enseignante qui m’a présenté aux élèves en utilisant mon prénom. Je me suis alors surpris à la reprendre et de donner mon nom.

 

Des défauts à prendre en compte et à effacer

 

-A l’étude des observations de ma conseillère pédagogique, on peut constater que le langage employé n’est pas toujours celui d’un enseignant. Or cela peut prêter à confusion auprès des élèves. L’usage des termes « ouais », « bref » et « ça marche » sont encore utilisés régulièrement en cours. Ma conseillère pédagogique s’est particulièrement attachée à me reprendre sur le vocabulaire utilisé en raison des prescriptions données par l’inspecteur académique lors de la réunion donnée en début d’année aux conseillers pédagogiques. Il est donc nécessaire que je m’attache à faire attention à ce type d’écart.

-Au regard de mes séances, malgré la vérification régulière de l’heure afin de voir si je ne prenais pas de retard sur le déroulement de la séance, je me suis souvent retrouvé en retard sur la programmation de ma séance. En effet, le temps consacré à l’étayage et au tissage agissent sur le pilotage de la séance. Tout au long de la séance, j’ai donc pris du retard même si à certaines occasions, j’ai fait l’impasse sur certaines choses. Ainsi, j’ai trop souvent manqué de finir mes séances en temps et en heure. Cela a un impact direct sur le comportement des élèves qui ne voient pas les objectifs présentés au début de l’heure se concrétiser en fin de séance. Cela implique notamment le fait qu’il n’y ait pas toujours de temps de formalisation des savoirs visés. Il y a donc un travail important à faire concernant le pilotage des séances.

 

Retour sur la question

 

-La question de la posture des gestes professionnels nécessitent la prise en compte de plusieurs « rôles » et de taches pour l’enseignant qui co-agissent ensemble.

Au cours de cette année en tant que contractuel-admissible, la préparation matériel et intellectuel de la séance apparaît comme un facteur déterminant pour qu’une séance pédagogique se déroule dans les meilleures conditions. La pertinence de la succession des taches, les différents rythmes et taches d’apprentissage conditionnent largement l’attention des élèves et leur acquisition de connaissances et compétences. L’articulation entre la connaissance procédurale ou déclarative visée et la tache d’apprentissage est également un élément fondamental dans l’implication des élèves en classe. La préparation matérielle permet d’éviter d’éventuelles déconvenues techniques qui peuvent enrayer le déroulement de la séance. Cela permet de se focaliser sur la réactivité des élèves et sur les interactions avec eux pour qu’ils construisent leurs connaissances.

La question de l’atmosphère m’apparaît également comme très important mais également très difficile. En effet, il s’agit de garder constamment un équilibre entre une atmosphère de travail notamment à travers des rites de mise au travail mais il est également nécessaire de mettre en place une atmosphère qui permette de favoriser l’expression des élèves. Or, si les apprentissages et les démarches pédagogiques ne sont pas pertinents, cet équilibre devient particulièrement instable.

-Je me suis beaucoup reposé sur le modèle de Domnique Bucheton afin d‘acquérir des gestes professionnelles. En effet, son caractère dynamique permet de rendre compte à quel point la focalisation sur une des quatre préoccupations de l’enseignant impacte les autres. Il permet de rendre compte de l’équilibre précaire qui conditionne le bon fonctionnement d’une séance. De plus les termes choisis pour chaque préoccupation sont pertinents pour s’approprier le modèle et tout particulièrement le terme de tissage qui rend compte de la nécessité de toujours faire le lien avec l’expérience de l’élève mais aussi entre les différentes taches effectuer au cours d’une séance

-Au regard de cette année, il m’est apparue également que l’acquisition de ces gestes et de cette posture se fait par l’analyse systématique de chaque séance afin de pointer des manques persistants mais aussi l’émergence de mauvaises habitudes. Elle nécessite la répétition de séances mais également une vigilance continue afin d’éviter de développer des pratiques. L’intégration de ces gestes suppose donc une autoévaluation régulière tout au long de la carrière professorale.

J’ai également appris l’importance de la prise en compte des niveaux et des lieux. En effet, l’aménagement de l’espace de travail est primordial afin de faciliter la mise en condition de travail des élèves par exemple. De plus, la prise en compte du niveau permet d’anticiper certaines attitudes de leur part.

-A travers cette question, c’est la question de l’implication de l’élève en cours qui est en jeu et par conséquent la démotivation de l’élève susceptible d’entrainer un décrochage scolaire. En effet, à travers toutes les différentes postures, il s’agit de centrer les apprentissages sur l’élève et le contexte d’apprentissage. Il s’agit par l’ensemble de ces gestes de favoriser la réussite de tous les élèves.

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